A Paris, et partout en France, ce samedi 14 juin 2008, se tient la journĂ©e mondiale des donneurs de sang. Act Up-Paris dĂ©nonce le fait qu’en France les homosexuels restent toujours exclus du don du sang malgrĂ© les engagements pris par Xavier Bertand lorsqu’il Ă©tait ministre de la santĂ©.
Depuis la parution d’une circulaire en 1983, les hommes homosexuels sont exclus du don du sang parce qu’ils sont considĂ©rĂ©s comme appartenant à « un groupe Ă risque ». Une rĂ©ponse positive Ă la question « Avez-vous eu des rapports sexuels entre hommes ? » lors de l’entretien prĂ©alable suffit pour se voir dĂ©finitivement exclu du don du sang. Certains tĂ©moignages rapportant mĂŞme que l’attribution d’un code serait faite en vue d’un fichage.
Le directeur de l’EFS justifie ce dispositif discriminatoire par la forte prĂ©valence du VIH parmi les hommes homosexuels.
Pourtant, d’autres pays comme le Portugal ont rĂ©cemment ouvert le don du sang aux homosexuels au nom de « l’Ă©galitĂ© des critères pour tous » sans pour autant mettre en pĂ©ril la sĂ©curitĂ© transfusionnelle.
Le 27 novembre 2007, Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la santĂ© a annoncĂ© qu’elle allait lever l’interdiction pour les homosexuels de donner leur sang. NĂ©anmoins, la circulaire publiĂ©e par le ministère de la santĂ© le 10 avril dernier ne change rien Ă l’Ă©tat de fait prĂ©cĂ©dent.
Seule la rĂ©daction du questionnaire a Ă©tĂ© rĂ©visĂ©e pour en rĂ©duire l’aspect discriminatoire. De notre point de vue, ce questionnaire dans sa forme actuelle n’est pas seulement discriminatoire mais dangereux car il introduit une confusion sur la nature des risques de transmission du VIH.
Alors que la question de l’homosexualitĂ© y figure toujours, le questionnaire d’accès au don du sang ne permet jamais d’Ă©valuer le fait d’avoir eu ou non des rapports systĂ©matiquement protĂ©gĂ©s ou le fait d’avoir effectuĂ© un test de dĂ©pistage. DonnĂ©es qui pourtant constituent les seules bases fiables Ă une Ă©valuation efficace, objective et non discriminante du niveau de risque d’infection.
Alors que près des 2/3 des contaminations en France ont lieu chez les hĂ©tĂ©rosexuels, loin d’ĂŞtre Ă©laborĂ© sur la base d’une Ă©valuation rĂ©elle du risque,
ce questionnaire reste Ă©laborĂ© sur la base d’une perception pĂ©rimĂ©e de l’Ă©pidĂ©mie.
Act Up-Paris exige l’ouverture du don du sang aux homosexuels.
Act Up-Paris, exige du ministère de la SantĂ© et de l’EFS l’Ă©laboration d’un questionnaire prĂ©alable au don du sang basĂ© sur des donnĂ©es fiables et non discriminantes de santĂ© publique.
Communiqué de presse Act Up-Paris.